Lettre du Général Hardy au 2ème Régiment de Hussards

Envoi Chef d'Escadrons (R) Gérard-Antoine MASSONI

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Entête lettre Général Hardy

Lettre du Général Hardy au 2° Régiment de Hussards

Retranscription

Armée de Sambre et Meuse

1ère Division

Au quartier général à Wadren

le 23 germinal l’an 4 de la République
française une, indivisible & Démocratique

HARDY Général de Brigade

Au chef de brigade Trelliard , commandant les avant-gardes

Le Général Hardy

Le 2ème Régiment de hussards s’étant présenté hier, par un c[ommandement] d’ordonnance à Wadren pour y requérir 784 rat[ion]s de foin et de paille et 25 malders d’avoine, d’après l’approbation que vous y avez donnée ; et les baillis et les bourgmestres étant venu, comme de coutume, me faire le tableau de leur misère et m’assurer qu’ils étaient dans l’impossibilité d’acquitter la dite réquisition. Je me suis fais remettre la liste des villages qui composent le baillage de Dachstuhl, celle des fermiers et laboureurs propriétaires qui s’y trouvent, ensuite les réquisitions précédemment faites et à l’appui les reçus de ce que le baillage avait déjà fourni. J’y ai reconnu, qu’à la vérité ce baillage avait jusqu’à ce moment été très grevé, et vous seriez comme moi singulièrement étonné que 150 laboureurs ou fermiers aient pu livrer la quantité prodigieuse de grains & fourrages portée sur les récépissés. Je n’ai vraiment pas de peine à croire qu’ils aient été quatre fois, comme ils me l’ont dit, obligé d’aller ailleurs acheter notamment de l’avoine pour éviter les exécutions militaires dont on les menaçait.

Malgré tout, je ne suis point opposé à l’acquittement de la réquisition du 2e Régt. de hussards ; j’ai seulement fait une réduction de moitié sur les 25 malders d’avoine parce que je suis d’autant plus convaincu qu’ils n’en ont plus que hier matin, mes chevaux l’ont mangé deux heures plus tard que de coutume parce qu’on était allé en acheter dans le baillage d’Ottweiler et certes s’il y en avait eu dans ce baillage-ci, on eut point fait cette démarche pour m’en procurer.

Je vous engage donc, mon cher Treillard, à ne plus approuver à l’avenir de réquisitions de fourrage et notamment d’avoine pour ce baillage qui n’a pas le centième partie des moyens des baillages plus rapprochés de la Blize, c’est du moins l’assertion de personnes que je ne crois pas intéressées à avoir de la partialité.

Je vous souhaite de bon jour et vous embrasse

Hardy

Signature du Général Hardy

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