Les Garnisons du 2ème Hussards

1735 - 2009

Hongroise

Cette page retrace les périgrinations de Chamborant Houzards au travers des quelques trois siècles de son existence, au rythme de l'histoire des armées françaises, et de l'Histoire de France. (Sources Historique 2ème Régiment de Hussards par le CES (R) Gérard-Antoine Massoni.)

Garnisons et cantonnement du 2ème Régiment de Hussards

Strasbourg et Kehl en 1720
Strasbourg et Kehl en 1720
  • Strasbourg (67) 1735 - 1737
  • Le Vigan (30)
  • Nîmes (30)
  • Beaucaire (30)
  • St Gilles (30)
  • Calvi (20) 1739 - 1741
  • Provence (sans précisions) 1741 - 1742
  • Philippeville (actuelle Belgique)
  • Sarreguemines - Hiver 1743 - 1744
  • Souabe (région) - Hiver 1744
  • Pont à Mousson - Hiver 1745 - 1746
  • Metz (1749)
  • Besançon (1749)
Hussard et trompette de Chamborant XVIIIe Siècle
Hussard et trompette de Chamborant XVIIIème Siècle
  • Hagenau (1749)
  • Neuf Brisach (1749)
  • Mirecourt (1749 - 1751)
  • Montmédy (1751/1752)
  • Vesoul (1752/1753)
  • Luxeuil (1753/1754)
  • Vic-sur-Seille (1754-1755)
Haguenau au XVIIIe Siècle
Haguenau au XVIIIème Siècle
    • Vesoul (1755-1756)
    • Sarreguemines (1756 - 1757)
    • Thionville (fin avril 1757)
    • Göttingen
    • Wuppertal - Hiver 1758
    • Avesnes (62) (1763)
    • Philippeville (actuelle Belgique) (1763)
Officier et cavalier de Chamborant - Petite tenue 1791
Petite tenue 1791
    • Sarreguemines (1771)
    • Landau (Allemagne) (1789)
    • Nancy (54) (1790)
    • Mouzon (08) (1792)
    • St Quentin (02) - dépôt (1793)
    • Paris (75) (1797 - 1799)
    • Gand (actuelle Belgique) (1801)
    • Malines (actuelle Belgique) (1801)
    • Breda (actuels Pays-Bas) (1801)
    • Nancy (dépot) (1814)
    • Fontenay le Comte (1815)
    • Belfort (1815)
Place dite de la Carrière à Nancy 1785
Place dite de la Carrière à Nancy - 1785
Valenciennes au XVIIIe Siècle
Valenciennes au XVIIIème Siècle
    • Niort (1815)
    • Metz (1816)
    • Châteaudun (1823)
    • Chartres (1823)
    • Thionville (1825)
    • Valenciennes
    • Cambrai
    • Vesoul
    • Béziers (dépot)
    • Oran (Algérie)
Chamborant - Hussard de la Meurthe 1814
Hussard de la Meurthe 1814

Liste des garnisons à suivre ... page en cours d'élaboration / remise à niveau

La création : Strasbourg

Chamborant en 1780
Chamborant en 1780

Le 21 décembre 1734, la décision de créer un troisième régiment de Hussards fut prise à Versailles par le roi Louis XV, après la création des régiments permanents de Rattsky (1716) et de Bercheny (1720) : la France était alors engagée dans la guerre de succession de Pologne et le besoin d’un nouveau régiment de hussards se faisait sentir pour lutter efficacement contre la cavalerie légère ennemie. L’ordonnance fut signée le 25 janvier 1735, pour le comte Balint-Jozsef (Valentin-Joseph) Esterhazy, qui organisa son régiment en 4 compagnies de 50 hussards, à Strasbourg. Les officiers étaient Hongrois, Lorrains, Polonais ou Allemands ; les cavaliers étaient de même origine.

Le régiment d'Esterhazy Hussards resta en garnison à Strasbourg jusqu’à l’été 1737.

La campagne en Corse (1739-1740)

De 1737 à 1739, le régiment d'Esterhazy Hussards prit ses quartiers en Languedoc, d’abord au Vigan, puis à Nîmes, Beaucaire et St Gilles. En 1739, Esterhazy Hussards fait réellement ses premières armes en Corse pour venir en aide à la République de Gênes confrontée à une révolte de la population : le régiment d'Esterhazy Hussards débarqua à Calvi le 30 avril 1739. Le régiment restera en Corse jusqu'en août 1741 pour assurer l’ordre avant de séjourner en Provence d'août 1741 à mai 1742.

La guerre de succession d’Autriche (1741-1748)

En 1742, le régiment rappelé de Provence le 18 mai s’installa à Philippeville en septembre.

Le régiment d'Esterhazy Hussards fut considérablement augmenté pour fournir 12 nouvelles compagnies ; les recrues étaient constituées de Lorrains, d'Alsaciens, de Wallons et de quelques Languedociens. Le régiment entra réellement en campagne le 12 avril 1743 pour rallier Landau le 1er mai sous les ordres du maréchal de camp Bercheny. Mais après avoir traversé le Rhin et poussé des reconnaissances sur le Main, le comte Valentin-Joseph Esterhazy décédait subitement à la tête de son régiment le 17 juin 1743. Les 2 escadrons d’Esterhazy, passés sous les ordres du lieutenant-colonel chevalier Zsigmond David, commandant en second du régiment, participèrent à la bataille de Dettingen (27 juin 1743) contre les forces anglo-autrichiennes commandée par le roi Georges II et lord Stairs. Malheureusement, alors que la victoire française était presque certaine, l’armée du duc de Noailles fut finalement battue en grande partie par la désobéissance de son neveu, le duc de Gramont et obligée de repasser le Rhin.

La guerre de Sept ans (1756-1763)

Turpin Hussards, rassemblé à Thionville fin avril 1757, passa à Luxemburg, Cologne et éclaira la marche de l’armée du prince Soubise avant de franchir l’Ems, la Weser et d’escadronner entre Minden et Hameln. Le régiment de Turpin Hussards passé sous les ordres du marquis de Contades début juillet, s’orienta vers le sud et participa aux opérations d’occupation du landgraviat de Hesse-Cassel, s’installa à Göttingen avant de se porter sur Langensalza en Thuringe où il saisit 14 000 écus. Le duc de Richelieu chargea alors le régiment de Turpin de capturer collecteurs et enrôleurs prussiens et de ramasser les dépôts d’argent de l’électeur de Saxe. Le comte de Turpin organisa ses 450 hussards en 2 détachements depuis Göttingen, l’un au sud-ouest de Halle et l’autre au sud de Leipzig. Ce raid dans la région de Leipzig dura près de 25 jours et permit de recueillir 43 000 écus pour l’électeur de Saxe et de ramener de précieux renseignements sur les mouvements des troupes de Frédéric II.

[...] Après avoir poursuivit l’ennemi jusqu’à Münster et Hamm, l’armée française prit ses quartiers d’hiver et Turpin Hussards s’installa à Wuppertal le 19 novembre 1758.

[...] La paix est signée à Paris le 10 février 1763 qui confirme la ruine du premier empire colonial français et la suprématie de l’Angleterre en Amérique du Nord : le Canada était perdu. Notre rôle pendant cette désastreuse guerre fut, comme l’avouait le cardinal de Bernis « extravagant et honteux ». Le marquis de Chamborant ramena son régiment en France qui cantonna dans un premier temps à Avesnes et Philippeville.

Le régiment de Chamborant jusqu’en 1789

A partir du 20 août 1767, le colonel propriétaire reste le marquis de Chamborant, mais trop âgé, le commandement effectif du régiment est confié au baron André François des Ormeaux de Lindenbaum (1767-1782), ancien lieutenant-colonel du régiment. Le marquis de Chamborant fut nommé maréchal de camp et inspecteur général des hussards le 3 janvier 1770. En 1771, le régiment est en garnison à Sarreguemines.

Le 2e Hussards pendant la Révolution

En 1789, le régiment tenait garnison à Landau avant de se déplacer à Nancy en octobre 1790. A cette époque, la nouvelle Assemblée Nationale supprima les mestres de camp propriétaires : les régiments eurent désormais pour chef un colonel ; les régiments cessèrent de porter officiellement le nom de celui qui les commandait. Chamborant devint le 2e Régiment de Hussards, ci-devant Chamborant, les régiments étant classés par rang d'ancienneté.[...]

Mais la Révolution allait donner au 2e Hussards une nouvelle occasion d’enrichir son patrimoine de gloire.[...] Le régiment en garnison à Mouzon, se distingua dès le début de la campagne aux combats de La Grisöelle (11 juin 1792), de Virton (27 juillet) en Belgique, puis en Champagne aux combats de La Croix au Bois (14 septembre), de Montcheutin (15 septembre) où il est la seule troupe capable de résister aux troupes prussiennes.

[...] Le 2e Hussards fut désigné par le général Hoche pour tenir garnison à Paris dès le 4 septembre 1797 où il assura l’ordre dans la capitale à l’occasion du coup d’état de fructidor (3 et 4 septembre 1797).

[...]En 1801, la paix est signée. Le 2e Hussards vient tenir garnison à Gand et Malines en Belgique puis à Breda aux Pays-Bas. Ce fut l’occasion pour le régiment de recevoir les armes d’honneur attribuées par le 1er Consul à 5 membres du régiment pour les récompenser de leurs attitudes pendant les campagnes de 1792 à 1800 : ils reçurent la légion d’honneur dès sa création.

Les campagnes de 1805 à 1807

La campagne de 1805 en Autriche et Austerlitz

Après l'occupation du Hanovre en 1803, les "Chamborant" commandés par le colonel Barbier étaient de nouveau en campagne avec la division de cavalerie du général Kellermann appartenant au 1er Corps commandé par le maréchal Bernadotte :

- 1ère brigade, général Picard : 2e et 5e Hussards,
- 2ème brigade, général Van Marizy : 4e Hussards et 5e Chasseurs

Pour la première fois, ils allaient combattre sous les ordres directs de Napoléon.

La 3e Coalition contre la France était en route regroupant l’Angleterre, la Russie, l’Autriche, Naples et la Suède. Après avoir traversé toute l’Allemagne depuis le Hanovre, avoir rejoint la Grande Armée dans la région de Munich, livré de nombreux combats sur les bords du Danube, ils atteignirent, à la suite d’une marche de 26 lieues en trente heures, le pied du plateau de Pratzen, où ils bivouaquaient le 1er décembre.

Le 2 décembre 1805, Napoléon livrait la célèbre bataille d’Austerlitz, aux troupes austro-russes commandées par l’Empereur de Russie et l’Empereur d’Autriche. Pour renforcer la gauche du dispositif français, la division de cavalerie légère de Kellermann fut rattachée à la réserve de cavalerie de Murat, au grand dépit de Bernadotte. [...]

[...] Ce coup de massue devait amener rapidement la paix : elle fut signée à Presbourg et le 2e régiment de Hussards devant reprendre le chemin de la France à partir du mois de janvier stationna finalement sur le Rhin.

La campagne de 1806 en Prusse

L’Autriche vaincue, la 4e Coalition contre la France se met en marche. La Prusse, avec l’appuie de la Russie et de l’Angleterre, se dresse contre nous et nous déclare la guerre en 1806. L’Empereur, avec cette soudaineté qui le caractérise, se jette sur l’armée prussienne et la bat à Iéna pendant que le maréchal Davout, le même jour, l’écrase à Auerstaedt (14 octobre 1806).

Dans la poursuite prodigieuse qui suivit la déroute des Prussiens et dura deux mois, le 2e Hussards appartenant à la brigade de cavalerie (général Wathiez) du 1er Corps (maréchal Bernadotte) devait se signaler maintes fois. [...]

La campagne de Pologne (1807)

Il n’y avait plus d’armée prussienne, mais à l'Est, la menace russe grandissait. En 1807 s’ouvrait la campagne de Pologne. Le climat et le terrain allaient la rendre particulièrement rude : les chemins étaient défoncés, le pays, désert et marécageux, n’offrait aucune ressource, il y avait une telle boue que plusieurs fois, on allait être contraint de charger au pas. Malgré tout, les "Chamborant" parviennent à se distinguer.

[...] Le 2e régiment de Hussards se couvrit de gloire une fois de plus, le 14 juin à Friedland, où il fournit jusqu’à dix charges successives contre les troupes russes. Cette belle victoire, dont le nom est inscrit sur l’étendard, « Friedland-1807 », termina la guerre.

[...] Pendant un an, le Régiment reste alors cantonné à l’extrémité orientale de la Prusse, aux frontières de la Russie, puis brusquement, reçoit l’ordre de se rendre en Espagne.

Le 2e Hussards en Espagne (1808-1814)

[...] C’était une rude étape à parcourir et au bout de cette étape, une lutte combien décevante : en Espagne, les "Chamborant" allaient trouver des habitants fanatiques, massacrant impitoyablement des soldats isolés, un pays âpre, montagneux, difficile, infesté de guérillas dressant des embuscades, puis disparaissant pour revenir sans cesse à l’attaque et d’une cruauté telle qu’ils tuaient, sans merci, les blessés et les prisonniers après les avoir cruellement torturés. Ces difficultés ne sont pas faites pour effrayer nos hussards ou diminuer leur ardeur.

Toujours vaillants en selle, les "Chamborant" furent pour leurs ennemis de terribles adversaires. Mal vêtus, car les magasins de l’Empereur commençaient à s’épuiser, montés sur des chevaux misérables, car la remonte lui faisait défaut, ils inspiraient néanmoins la terreur et l’admiration, même à leur adversaire : « Quand je vois, disait Wellington, ce misérable à côté de sa rosse, j’ai pour lui le plus souverain mépris. Quand je vois ce misérable monté sur sa rosse, je suis inquiet et regarde avec la plus grande attention ce qu’il va faire. Mais quand je vois ce misérable charger sur sa rosse, j’ai pour lui la plus grande admiration ».[...]

[...] Les 1er et 2e escadrons restent en Espagne à combattre contre les Anglo-Espagnols. Ils sont présents aux batailles et combats d’Alcala de Henares (20 avril 1813) de Vittoria (21 juin) de Nivelle (10 novembre), d’Aire sur Adour (2 mars 1814) et à Toulouse (10 avril 1814).

Les escadrons du 2e Hussards en Saxe (1813) et en France (1814)

Dans le même temps, les 3e et 4e escadrons combattent en Saxe contre les Prussiens, les Autrichiens et les Russes et sont présents à la bataille de Leipzig, dans la 15e Brigade de Cavalerie Légère (général Ameil), 6e Division de Cavalerie légère (général Fournier) du 3e Corps de Cavalerie (général Arrighi, duc de Padoue)

Au début de l’année 1814, l’invasion de la France par les troupes Alliées entraîne le pillage du magasin du 2e Hussards à Nancy : l’escadron de chasseur attaché au 2e régiment de Hussards de Silésie n° 6, porta les pelisses marron à tresses blanches, couleurs de tradition de Chamborant.

[...] A la fin des guerres d’Espagne et de la Campagne de France, le Régiment se reconstitue à Fontenay-le Comte sous la conduite du colonel Louis de Séganville (1813-1815) et par ordre de Louis XVIII, prend le nom de Hussards de la Reine : il est constitué avec les éléments de l’ex 2e Hussards, les 4 premiers escadrons du 10ee Hussards et le 5e escadron des éclaireurs de la Garde Impériale.

[...] Pendant les Cent Jours, reprenant son numéro, le 2e Hussards fut dirigé aux environs de Belfort. Sous les ordres du général baron de Rambourgt, commandant la 2e Brigade de la 8e division de cavalerie, le colonel de Séganville à la tête de trois escadrons du 2e Hussards donne les derniers coups de sabre de la campagne au combat de Sevenans, le 1er juillet 1815, où une charge brillante contre l’infanterie autrichienne permit de faire 600 prisonniers[...].

Au début de la deuxième restauration, comme tous les régiments de l’Armée Impériale, le 2e Hussards fut licencié à Niort, le 24 novembre 1815, pour les 4e et 5e escadrons et le dépôt du régiment, le 30 novembre à Belfort, pour les trois premiers escadrons et l’Etat-major.

La Restauration et la Monarchie de Juillet (1815-1848)

Les campagnes en Espagne (1823) et en Belgique (1831-1832)

Dès la fin de 1815, on forma de nouveau six régiments de hussards. Le 2e régiment de Hussards fut constitué à Metz le 26 janvier 1816 et prit le nom de Hussards de la Meurthe conformément aux dispositions de l’ordonnance royale du 30 août 1815 ; il hérita les couleurs des "Chamborant" et en garda les belles traditions, mais fut composé avec les éléments de l’ex 6e Hussards et du 4e escadron des éclaireurs de la Garde. Le prince Joseph-Marie de Savoie-Carignan (1815-1821) devenait son nouveau colonel.

En 1823, les hussards de la Meurthe aux ordres du vicomte Alexandre de Gaultier de Rigny (1821-1830) prirent part à l’expédition d’Espagne,[...]

De retour en France le 19 novembre 1823, les hussards tinrent garnison à Châteaudun et Chartres. En 1825, à Thionville, ils redevinrent le 2e Régiment de Hussards et passèrent de 4 à 6 escadrons en octobre 1830. Le 2 juin 1831, 4 escadrons se déplacèrent à Verdun pour être passés en revue par le roi Louis-Philippe et recevoir de ses mains un nouvel étendard, le 9 juin.

L’épopée du 2e Hussards en Algérie – Isly et Sidi Brahim

Le 26 octobre 1840, à la re(?)création du 8e Régiment de Hussards, le 2e Hussards concours à sa formation en lui versant depuis sa garnison de Vesoul, 166 hommes et 75 chevaux.

Les "Chamborant" foulaient donc cette terre d’Afrique qu’ils ont depuis tant de fois arrosée de leur sang ; ils allaient ajouter bien des pages glorieuses à leur histoire déjà centenaire. Ils vont bientôt se faire surnommer « les Lions du Désert ».

Jusqu’à son retour en France, en 1847, le 2e Hussard prit une part active à toutes les opérations entreprises en Algérie. Il s’embarque le 11 octobre 1847, pour Port Vendres et rejoindre sa garnison à Auch

A suivre ...

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